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ALIMENTATION CANAL DU MIDI

Plan présenté au Réservoir

 
 
  Nous sommes sur le bief de partage, le plus haut, du canal du Midi, à une altitude de 189,43 mètres. En 1660, Pierre-Paul Riquet imagine d'amener l'eau de la montagne noire, ici, à Naurouze. Ayant convaincu Louis XIV et Colbert, il fait construire : Le réservoir de Saint-Ferréol, les rigoles d'amenée de l'eau et le canal

Vauban dit : "C'est le plus beau et le plus noble ouvrage de cette espèce jamais entrepris". Il parachève et perfectionne le système d'alimentation complexe. Chaque année, par cet ouvrage, trente millions de mètres cubes transitent. Cette ouvrage fut construit sur l'ancienne écluse "Méditerranée", donc on aperçoit en aval encore les formes.

 
 

Creusé et construit de 1669 à 1673, comme bassin de régulation, il fut abandonné avant 1750, se comblant trop vite d'alluvions. A l'origine ce vaste plan d'eau 200 toises (400 mètres) de long, 150 (300 mètres) de large et 7 pieds (3 mètres) d'eau devait accueillir une ville. Pierre-Paul Riquet avait projeté d'y placer une statue à l’effigie du roi dans un char tiré par des chevaux marins

Remontons la rigole de la plaine, longue de trente huit kilomètres, qui débute à Pont-Crouzet, sur le Sor. Au départ, elle utilise un canal qui alimentait les moulins en 1342. Pierre-Paul Riquet y crée Port Louis et réalise des « écluses légères » où des bateaux de 8 mètres, à fond plat, commerçaient entre Naurouze et Revel mais des problèmes de navigation n’ont pas permis ce développement. En tout cas, cette petite navigation a permis de transporter jusque’à Naurouze des matériaux pour la construction du canal. Elle se charge, suivant besoin, au lieu-dit "Les Toumazès" des eaux du Laudot, franchissant la ligne de partage des eaux au seuil de Graissens. (Merci à Marie-Josephe Camboulive pour son aide)

 
  Les quantités d'eaux excédentaires étaient rejetées par l'épanchoir de La Marteillère, dans un ruisseau qui rejoint le Fresquel. Celui-ci alimentait le canal vers le pont de Conques. Fin 2017, on procède à la déconstruction du barrage de Lachaux. Le Fresquel n'alimente plus le canal
La rigole de la Plaine se glisse sous le pont du Riat (Revel), pont en dos d'âne évoquant ceux de la fin du 17ème siècle, typique des ponts de la rigole  
  Nous sommes au pied du barrage de Saint-Ferréol édifié par Pierre-Paul Riquet entre 1667 et 1681. Pour contenir la poussée du barrage, Vauban en 1687 construit un mur monumental et un talus au pied duquel est créé le parc. En 1766, les premiers arbres sont plantés. En 1855, cette gerbe d'eau (environ 20 mètres) vient consacrer cet espace en jardin d’agrément. Elle fonctionne grâce à la pression hydraulique naturelle du réservoir. L'eau est acheminée par une conduite depuis la vanne de la Badorque jusqu'à une calotte de bronze
Des cascades sont créés pour réguler les eaux du barrage ou les besoins en eau spécifique du canal : La rigole du trop plein en provenance de l'épanchoir et ici, la rigole de décharge en provenance de la vanne de la Bardorque  
  Au fond du vallon, nous longeons la rigole de vidange, qui rejoint, un peu plus bas, la rigole de contournement, appelé aussi rigole de ceinture
Le mur de Vauban est percé de deux ouvertures, qui conduisent à la galerie ou voûte de vidange. Elle permet d'évacuer l'eau du barrage par le bas, au niveau de l'ancien lit du Laudrot...  
  et une deuxième galerie souterraine permettant l'accès à la chambre des vannes, située à mi-hauteur, appelé également voûte des robinets
"Passe-Partout" nous a donné la clef, afin d'ouvrir la grille datée de 1814  
  En 2019, un son et lumière vous accueille dans la voûte des robinets. Un clic ici, pour en profiter. Souvenez-vous en 2017, le bassin de Saint-Ferréol était vide.
Remontons la rigole de contournement, conçue en 1708, appelée aussi rigole de ceinture, parce qu'elle contourne le réservoir par le sud pour canaliser les apports en excès de la Montagne Noire  
 

Vue plongeante sur l'épanchoir du Laudot, en amont du bassin, "magasin d'eau", avec sa double vanne de distribution (bassin et rigole de dérivation) et la chaussée du trop-plein. Sur le trajet de la rigole de dérivation (rigole de ceinture), l'eau peut être déchargée dans le bassin, en deux autres points : la vanne de la Gariotte et la vanne de Lencastre

La rigole de la Montagne Noire est plus profonde à certains endroits pour récupérer les niveaux (C’est le cas au Conquet ou elle a 8 mètres de profondeur. On est là au point le plus haut, ligne de partage des eaux

 
  Dans la trouée des Cammazes, deux rangées de conifères lui font une haie d'honneur
Avant que Vauban ne réalise en 1689 ce tunnel, la rigole de la Montagne rejoignait le Sor et la Rigole de la Plaine sans passer par le bassin de Saint-Ferréol  
  Ce tunnel est relativement étroit, 3 mètres, pour une longueur de 122 mètres. Deux trottoirs bordent la rigole, au-dessus se trouve le bourg des Cammazes
La rigole de la Montagne reçoit les eaux du barrage des Cammazes, dit de Gravette sous la frondaison d'arbres centenaires.  
 

La construction du barrage des Cammazes, commença en 1953 pour être inauguré en 1958. L'origine de son nom vient de l'ancien moulin qui fut englouti sur le site de Gravette. Il répond avant tout à des besoins d'irrigation et surtout l’alimentation en eau potable par l’usine de Picotalen située en aval.

Haut de 70 mètres, long de 308 mètres, il représente une capacité de retenue de 20 millions de mètre/cube. L'eau turbiné représente une production hydroélectrique de 20 kWh/an. Il est situé sur le Sor, seuls 4 millions sont réservés à la navigation, qui rejoint la rigole de la Plaine

 
  La rigole de la Montagne continue de courir à travers bois passant sous les ponts permettant aux charrettes de la franchir
L'eau très clair reflète les arbres, évitant l'évaporation. Comme vous pouvez le constater cette rigole est partiellement, bâtie en pierre. Le Rieutord, affluent de l’Agout, débouche directement dans la rigole et emprunte son lit sur environ 150 mètres  
  Nous voici aux vannes du Conquet à une altitude de 621 mètres. Au temps de Pierre-Paul Riquet, la rigole de la Montagne se déversait dans le Sor (à droite) Après la percée de Cammazes, Vauban permit à ces eaux de rejoindre Saint-Ferréol (à gauche)
Sur la rivière Rieutort, des vannes permettent, si besoin, de dévier l'eau vers la rigole de la Montagne ou de la laisser courir afin qu'elle rejoigne le Fresquel  
 

En parcourant ces lieux, nous découvrons toute l'histoire, de la rigole de la Montagne, de la "Rigole d'essai", située un peu plus haut, que Riquet avait fait creuser en 1665. A la maçonnerie de parement du barrage, créée au "Lampy vieux" pensant qu’il servirait aussi d’amortissement en cas de crues et arrêterait aussi les sables et vases, mais il s’est vite avéré inefficace.

P.S : Plein de petits ruisseaux alimentent le canal mais qui ne sont jamais mentionnés car par rapport aux autres, ils sont mineurs. Parfois ils sont qualifiés de "pissols". (Lucien Miquel)

Nous sommes au pied du barrage du Lampy, les vannes sont ouvertes uniquement pour alimenter le canal, en cas de besoin

 
  Le bassin du Lampy construit, entre 1777 et 1782, sur le lit du ruisseau du même nom possède une digue en granit de 137 m de long pour 16 m de hauteur, épaulée par 10 contreforts. Sa conception est directement liée au besoin d’eau supplémentaire provoqué par l’aménagement du canal de Jonction connectant le canal du Midi avec la Robine
Quelques routes vous permettent de vous approcher de la rigole de la Montagne et la suivre suivant vos envies.  
 

 

 

Riquet, en créant la prise d'Alzeau, avait en son temps, prévu le barrage de la Galaube. Il aura fallu attendre trois cents ans (2002) pour l'installer, ancré sur le lit de l’Alzeau. Il est formé par une digue masse à enrochement, pris sur place

 

Il a une capacité de retenue de 8 millions de m3 pour une surface de 65 ha. Cette réserve peut être transférée dans la retenue des Cammazes via la Rigole de la Montagne

 
  Au pied du barrage, nous retrouvons le ruisseau Alzeau au travers de la forêt de Ramondens
Nous nous trouvons à 684 mètres d'altitude, au départ des "sources du canal", point de départ du système alimentaire du Canal. La rigole de la Montagne, naît à la prise d'eau de l'Alzeau  
  Une chaussée barre la rivière, puis, la rigole passe en souterrain devant la maison de style forestier, "La Maison de Garde" est classée monument historique. C’est un site d’une réelle beauté qui s’offre à notre regard avec des arbres majestueux dont un épicéa plus que centenaire.
Sur le site, une stèle a été érigée en 1837, par le Duc de Riquet de Caraman, gravée sur la pierre elle rappelle toute l’histoire de la construction du Canal. (Un clic dessus pour l'agrandir)  
  De la prise d’Alzeau ou du réservoir de Saint-Ferréol, en empruntant le chemin de service qui serpente en suivant le cours des rigoles, vous pouvez faire de très belles promenades pédestres ou cyclistes
     
Parcours de la rigole de la Montagne de la prise d'eau d'Alzeau au réservoir de Saint-Ferréol (31,8 kilomètres)
     
   
Septembre 2019
 
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